Quelques jours après le décès de Jean d’Ormesson, lors d’une émission de télévision, sa fille vint apporter le dernier manuscrit qu’elle avait découvert le matin de sa mort. Le journaliste, surpris, reçut alors le précieux document. D’une voix émue, il lut le contenu de la feuille. Sa main tremblait presque tandis qu’il lisait. La caméra s’attarda sur la lettre et on pouvait découvrir l’écriture soignée de l’académicien, s’appliquant à traduire ses sentiments par le biais de sa graphologie.

  • Les techniques modernes

Je pensais alors qu’il devenait de plus en plus rare aujourd’hui, de découvrir de tels documents. La technologie moderne nous dispense d’utiliser un stylo pour apposer sur une feuille vierge la traduction de nos pensées, de raconter une histoire, de partager une opinion. D’ailleurs, moi le premier, en utilisant le clavier d’ordinateur, en frappant les touches qui viennent exprimer ce que je veux offrir, je participe également à ce phénomène moderne qui nous empêche de retrouver les joies de l’écriture.

  • Les avantages

Certes, je ne regrette pas le temps passé à avoir appris la technique dactylographique. J’ai déjà partagé cette expérience au cours de mon histoire en trois épisodes que vous avez pu découvrir, soit en lisant mes aventures, soit en les écoutant par le biais des podcasts. Grâce à cette technique, j’ai gagné en rapidité, en gain de temps. Je considère effectivement comme un réel avantage de pouvoir pratiquer correctement. Cependant, je me souviens également que je prenais plaisir à composer de longues lettres lorsque j’écrivais à mes amis ou à mes parents.

  • Les joies de l’écriture

Effectivement, cela prenait du temps, mais, pendant que ma main composait les phrases que je m’efforçais de rendre lisibles, je pouvais déjà réfléchir à la suite de mon discours. Les idées apparaissaient et les phrases se formaient dans ma tête. Parfois, plusieurs pensées surgissaient à la fois. J’accélérais alors la rédaction, de peur d’oublier ce que je voulais dire, ou alors, je notais rapidement sur un autre feuillet, pour être vraiment sûr de pouvoir reprendre ce que je tenais à partager.

  • Nouveaux modes de communication

Aujourd’hui, cette habitude se perd de plus en plus. Le temps consacré à l’écriture s’est réduit, voire même perdu. Au moment des échanges de voeux, on ne s’envoie plus de cartes ou de lettres que l’on a composées de sa main. Les téléphones portables ont remplacé les cursives. Les frimousses ou binettes, plus connues sous l’anglicisme affreux de “smiley” ont remplacé les expressions courantes d’échanges de voeux ou de formules de politesse. Ainsi, les échanges de correspondance par la voie postale ont chuté au profit des échanges de SMS froids et sans vie.

  • Ambiances

Pour retrouver l’ambiance suscitée par l’atmosphère qui se dégageait des lettres manuscrites, il suffisait de se rendre au musée des manuscrits, à Paris. Là, on pouvait découvrir plusieurs documents écrits par des écrivains célèbres. Le déchiffrage plus ou moins facile des échanges épistoliers nous permettait d’entrer encore plus dans l’intimité des différents auteurs. La découverte de l’ébauche d’un roman d’Alexandre Dumas à travers sa propre écriture contribue à mieux comprendre la démarche de l’auteur. Parfois, le fait de rechercher le sens d’un mot à priori illisible, nous fait mieux saisir la difficulté du romancier pour restituer l’ambiance d’une scène. Ce musée a malheureusement dû fermer suite à des problèmes judiciaires.

  • Trésors manuscrits

Heureusement, il est possible de retrouver de tels documents émouvants. Il suffit de se rendre dans la maison d’un écrivain réaménagé en musée. Il n’est pas rare, alors, de retrouver des lettres manuscrites. Je citerais de mémoire, la maison de Victor Hugo, place des Vosges, à Paris. L’avantage supplémentaire de cette situation en est que nous découvrons ces documents dans les lieux mêmes où ils ont été créés. Il en ressort une émotion supplémentaire dans ces endroits que l’on sent encore habités par la présence de ce génie. Au musée de la Vie Romantique, également à Paris, j’ai pu redécouvrir l’écriture de George Sand à travers les manuscrits ou les ébauches de ses oeuvres.

  • Revivre une atmosphère

A travers les courbes et les déliés des lettres, on peut s’imaginer l’attitude de l’auteur concentré sur la naissance de ses romans. Sur place, je me prends à songer à l’attitude de l’auteur penché sur ses feuilles. Il me semble entendre la plume d’oie gratter le parchemin, à la lueur d’une chandelle blafarde. Je me réinvente le crissement de l’instrument qui me rentre dans les oreilles. A ce bruit, mes poils se hérissent sur la peau et je pense au bruit de la craie sur le tableau.

En tout cas, j’aimerais beaucoup connaître les sensations que l’on peut ressentir en écrivant à la plume. Au moins pour partager ce que devaient éprouver les auteurs en utilisant ce moyen. Je vous invite à faire cette expérience : essayez de retrouver les sensations liées à l’écriture.

Si vous avez des questions concernant cet article ou tout autre sujet du blog, posez les dans les commentaires ci dessous. Je me ferai un plaisir de partager avec vous.

 

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