Je souhaite partager un article que j’ai découvert dans le numéro 2141 de la revue Famille Chrétienne, page 31, qui insiste sur l’importance de revenir à nos plumes. Cet article émane du père Sébastien Thomas, délégué épiscopal pour la pastorale des jeunes et des vocations du diocèse de Pontoise.

“Nous sommes encore en janvier. Est-il encore temps de répondre aux cartes de voeux que nous avons reçues ou d’en écrire ? Le prix du timbre ne cesse d’augmenter, sans parler du prix des cartes ! Les gens ne répondent pas toujours. Le courriel collectif -nouveau type de lettre encyclique laïque – fait bien l’affaire, et le SMS est encore plus pratique ! Bref, tout s’oppose à la vieille tradition des cartes de voeux, et plus largement, au courrier traditionnel.

Pourtant, je crois qu’en ce domaine s’applique l’antique maxime : “Verba volant, scripta manent.” J’aime rouvrir mes boîtes à courrier et feuilleter pêle-mêle les lettres et les cartes qu’on m’a adressées. Tel correspondant est décédé depuis et je suis heureux de relire son écriture, car j’ai ainsi l’impression d’entendre sa voix. Je reverrai tel autre dans quelques jours et je m’en réjouis déjà. Je ressens le plaisir que j’ai eu en ouvrant cette enveloppe et en recevant cette bonne nouvelle.

  • Une relation durable.

Que ce soit par des cartes de voeux ou par toute autre lettre, la relation qui s’établit dans le courrier manuscrit est incomparable, car elle met en jeu plusieurs de nos sens : le toucher et la vue, bien sûr, mais aussi parfois l’odorat – et même l’ouïe, dans notre mémoire. Le goût de la colle qui permet de fermer l’enveloppe que nous envoyons vient compléter le tableau. C’est toute la personne qui est engagée dans une relation scripturaire. Si je connais bien mon correspondant, je saurai reconnaître les sentiments qui étaient les siens quand il m’a écrit, rien qu’en observant sa calligraphie.

Il y a quelques jours, je relisais cette belle réflexion de Pierre Choderlos de Laclos : “Sans doute une lettre paraît bien peu nécessaire, quand on peut se voir librement. Que dirait-elle, qu’un mot, un regard, ou même le silence, n’exprimât cent fois mieux encore ? […] Enfin quel que soit le temps, on finit par se séparer ; et puis, on est si seul ! C’est alors qu’une lettre est précieuse ! Si on ne la lit pas, du moins on la regarde… […] Une lettre est le portrait de l’âme.”

  • Portrait de l’âme.

Laclos ne dit pas d’ailleurs que nous devions choisir entre la rencontre de quelqu’un et la correspondance avec lui ! L’une nourrit certainement l’autre, et réciproquement. Soyons donc courageux : établissons une liste de quelques personnes à qui nous voulons du bien (commençons par les plus isolés, les plus pauvres), puis sortons acheter quelques cartes et timbres, reprenons notre vieux stylo à plume et mettons-nous au travail ! Si nous associons à cet effort une belle prière de bénédiction pour la personne à qui nous écrivons, alors c’est sûr : notre courrier sera un portrait de notre âme et il fera plaisir à celui qui le recevra. Nous n’aurons pas peiné pour rien.”

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