Dans le budget d’une commune, une part de plus en plus importante est consacrée à l’investissement touristique. On espère ainsi des retombées économiques qui aideront au développement de la commune, pour l’amélioration des infrastructures et le confort des habitants. Cependant, il est indispensable de veiller à une bonne étude de marché pour ne pas avoir de mauvaises surprises et se retrouver avec des dettes à rembourser. Malgré tout, les communes ne sont pas à l’abri des mauvaises surprises. Il est difficile de prévoir la réaction des touristes. Une campagne de publicités mal faite peut conduire à l’effet inverse de ce que l’on veut obtenir. Nous allons voir également en quoi un effet de mode et de snobisme peut rendre un investissement touristique aléatoire.

  • Surfer sur les modes du moment.

Très souvent, les communes peuvent favoriser l’installation d’hôtels pour accueillir des touristes à l’occasion de salons, de festivals ou de congrès. Des efforts importants sont consentis en mesures fiscales afin d’attirer un maximum de visiteurs. Ainsi, à des périodes fixes, régulières, des salons ou des événements sont organisés. Depuis quelques années, la fête des Lumières, à Lyon, attire un nombre considérable et de plus en plus élevé de touristes. Cette manifestation, programmée au mois de décembre, doit être capable d’accueillir cet afflux soudain de visiteurs. Cet événement ne dure que quelques jours et rapporte de gros bénéfices à la ville grâce aux investissements qu’elle a pu effectuer pour cette occasion. Pour le reste de l’année, il faut veiller à la rentabilité des équipements investis. Pour certains événements, il suffit que l’équipe dirigeante change pour que l’attrait d’une manifestation s’estompe et ce qui était devenu un succès peut devenir inexorablement un fiasco. C’est ainsi que l’on recense la disparition d’une centaine de festivals suite à un désintérêt de la commune ou des responsables. Ce qui faisait le succès d’une manifestation ne suscite plus l’intérêt des touristes qui peuvent délaisser les lieux. Je pense aussi au cas d’une manifestation qui avait lieu dans les carrières des Baux-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône et qui attirait beaucoup de monde. Des raisons judiciaires ont mis un frein à cet événement qui, pour le moment, en reste à l’état de statu quo, en attendant la fin de l’affaire.

  • Fragilité des infrastructures.

Chaque année, au salon du Tourisme à Paris, une région, un pays, est mis à l’honneur. Cela peut être l’occasion d’attirer une nouvelle clientèle. A l’occasion de l’organisation d’une exposition universelle, une ville est aussi mise à l’honneur. Tout doit être mis en œuvre pour garantir le succès de la manifestation. Les sommes engagées sont souvent considérables afin de donner une bonne image du lieu mis en avant. Cependant, il faut veiller à la rentabilité des lieux mis ainsi en vedette. Si ce n’est pas le cas, la faillite peut menacer. Je pense ainsi aux investissements réalisés à l’occasion des Jeux Olympiques organisés à Athènes ou à ceux de Sarajevo. Dans le premier cas, les installations olympiques sont restées à l’abandon. Dans le deuxième cas, la guerre a mis un coup d’arrêt au développement des infrastructures. Enfin, je pense aussi aux investissements importants que les Egyptiens ont réalisés sur leurs lieux touristiques majeurs, comme au Caire, la vallée des Rois. La révolution a mis un terme à la fréquentation de ces lieux que les touristes ont boudés à cause du manque de sécurité.

  • Changement des modes.

Enfin, il est à remarquer que le snobisme tient une part de plus en plus importante pour les lieux touristiques. Un snob, par exemple, ne voudra pas faire la même chose que le commun des mortels. Si la majorité des gens aiment aller profiter du soleil pour rentrer bronzé, le snob préférera aller dans un pays froid pour, au contraire, ne pas être bronzé. Il se dirigera alors vers l’Irlande, la Norvège ou la Suède pour se distinguer, ne pas faire comme les autres. Là, il faut anticiper sur les réactions de ces personnes, ce qui est loin d’être facile. Pour arriver à cerner ses désirs, il faudrait se livrer à une enquête approfondie. Là aussi, il peut très bien changer d’avis et se retrouver dans une destination complètement opposée à ce qu’il avait prévu. Il est donc particulièrement difficile de réaliser des investissements pour une telle clientèle. Un établissement « branché » qui fait la réputation d’une ville, peut très bien tomber en désuétude quelques temps plus tard.

  • Savoir rebondir en cas d’échec.

Ainsi, nous voyons qu’il est particulièrement difficile d’investir dans le domaine touristique quand ont lieu des événements temporaires. Ces investissements peuvent apporter des bénéfices ou s’avérer catastrophiques dans un cas ou dans l’autre. Il est donc, à mon avis, nécessaire de prévoir une reconversion qui puisse faire repartir l’économie, grâce à des études de marché bien réalisées. Cela pourra être l’occasion de trouver de nouvelles idées qui donneront un nouvel élan aux lieux concernés.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage
  • 1
  •