L’un des temps forts où les cinq sens peuvent s’exercer est le moment où l’on s’adonne au tourisme. Nos sens sont alors plus facilement mis en éveil. Nous avons vu comment on pouvait le faire au moment de découvrir de nouveaux lieux. Il me semble qu’il peut être intéressant de nous intéresser à la naissance du tourisme, ce qui a pu le motiver et contribuer à son développement.

  • Le tourisme à la portée de tous.

Au moment de la révolution industrielle, de nombreuses usines ont vu le jour, facilitant le travail grâce à la mécanisation. Cependant, cela a aussi entraîné la mise en place du travail à la chaîne. Chaque employé restait cantonné à un poste et se « spécialisait » dans un geste répétitif et monotone pendant plusieurs heures. Puis les congés payés sont apparus. Cela a ouvert de nouveaux horizons. Les personnes ont eu accès à de nouvelles sensations en partant de chez eux, grâce au développement des moyens de transport et à l’autonomie apportée grâce à l’acquisition d’une automobile. Nous allons tenter de voir en quoi le tourisme est alors devenu un produit « post-industriel », une conséquence du développement de l’industrie.

  • Les débuts.

Avant les années 1936, le tourisme était réservé à une population aisée qui pouvait se permettre de s’offrir des destinations lointaines. Elle pouvait partir à la découverte de civilisations nouvelles et, parfois, des auteurs transcrivaient leurs découvertes dans des livres d’aventures qui faisaient rêver leurs lecteurs. Ce monde extérieur semblait inaccessible au commun des mortels. Les ouvriers se contentaient de se représenter dans les situations en s’imaginant comment ils réagiraient. Ces récits constituaient le seul moyen pour se dépayser et découvrir ces autres civilisations.

  • L’extension du tourisme.

A partir des années 1936, les congés payés ont permis une démocratisation des voyages et beaucoup de gens ont pu avoir accès à différents lieux qu’ils ne connaissaient pas. Nous avons tous en mémoire les films où l’on peut voir des gens à la plage en train de se baigner. La découverte de l’immensité de la mer a émerveillé beaucoup de touristes. D’accès facile, nécessitant peu de moyens, les joies de la baignade ont conquis la plupart des gens. Pour montrer aux collègues qu’ils étaient allés à la mer, on s’est adonné au bronzage qui, auparavant, pouvait faire honte, car il trahissait un travail en plein air, tel que l’agriculture. Au fur et à mesure, les voyages se sont étoffés. Les infrastructures se sont développées permettant l’accueil des touristes en bord de mer de façon plus confortables. Les hôtels se sont multipliés. Des chaines ont vu le jour et une industrie hôtelière permettant l’accueil de ces nouveaux clients s’est également développée.

  • La recherche de l’aventure.

Après avoir découvert les joies de la mer, les touristes ont voulu changer de destination. Se souvenant des récits d’aventure qui les avaient fait rêver, ils ont souhaité vivre eux même ces explorations et se sont lancés dans des voyages en France, puis à travers le monde. Des organismes de voyages organisés se sont alors mis en place pour répondre à la demande de gens qui souhaitaient vivre des aventures nouvelles et découvrir de nouvelles sensations. Dans la crainte d’avoir à chercher le gîte et le couvert dans des pays dont ils ne pratiquaient pas la langue, ces nouveaux explorateurs ont profité de l’opportunité de ces agences de voyages qui leur fournissaient toute l’infrastructure nécessaire pour les besoins vitaux. Puis, avec le développement des médias, les reportages sur les pays étrangers ont également fait grandir le désir de partir à la découverte de ces civilisations inconnues et des organismes de voyage se sont spécialisés dans des circuits à thème. Toutes ces institutions ne connaissent pas la crise, car la curiosité motive plus que tout le désir de voyager.

  • Un “produit” post-industriel.

Ainsi, pour répondre à la demande des touristes, une industrie relative au monde du tourisme s’est développée. Cette industrie nouvelle s’efforce de répondre ou d’anticiper aux besoins de curiosité des touristes qui se mettent ainsi dans la peau des aventuriers. De nouvelles chaines d’hôtels ou de nouveaux prestataires naissent régulièrement, proposant des concepts originaux en fonction des attentes de chacun. En ce sens, on peut dire que le tourisme constitue bien un produit « post-industriel » en raison des marques de chaines d’hôtels qui se multiplient.

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