En mars 2018, Stéphane Audran est décédée. Outre de nombreux films de légende qu’elle a tournés, je me souviens d’un film qui m’a particulièrement marqué. Il s’agit du “Festin de Babette” de Gabriel Axel, tiré d’une nouvelle de Karen Blixen. Ce film danois est sorti en 1988.

Babette, une Française ayant fui la guerre civile à Paris, est accueillie chez un pasteur luthérien autoritaire élevant ses deux filles. Ce père possessif fera échouer les mariages de ses filles. Au fur et à mesure, Babette apprend la langue, la cuisine austère et les moeurs du pays, jusqu’au jour où elle apprend qu’elle a gagné à la loterie. Elle dépensera ses gains en organisant un repas à la française tel qu’elle les préparait lorsqu’elle était cuisinière au Café Anglais, un restaurant réputé de Paris. Pour faire plaisir à leur servante dévouée, les deux soeurs acceptent ce repas, mais afin de ne pas succomber à la tentation, les convives se devront de le déguster de manière détaché et sans prendre de plaisir. Mais, le repas est tellement bon que tous ne peuvent s’empêcher d’exprimer des signes de contentement.

Ce qui m’a particulièrement frappé dans ce film est le contraste saisissant entre la vie austère des villageois, s’efforçant de mettre en pratique la rigueur des lois qu’il se sont fixés et le faste somptueux mis en oeuvre par Babette pour réaliser son repas raffiné. Cette vie austère est soulignée par le décor dépouillé des maisons, la simplicité des meubles réduits à leur simple expression utilitaire, le climat pluvieux et venteux du pays les vêtements sombres que portent les différents personnages.  La somptuosité du festin est particulièrement mis en valeur par le décor des éléments du festin : vaisselle de luxe avec verres de cristal, couverts d’argent,  nappes blanches soigneusement repassées, agencement et dispositif mis en place pour faire de ce festin une fête. Bien entendu, la composition du menu fait rêver, et je ne puis m’empêcher de reproduire le menu concocté pour l’occasion :

Pour les plats :

  • Soupe de tortue géante.
  • Blinis Demidoff au caviar et à la crème.
  • Cailles en sarcophage au foie gras et sauce aux truffes.
  • Salade d’endives aux noix.
  • Fromages.
  • Savarin et salade de fruits glacés.
  • Fruits frais (raisins, figues, ananas…)
  • Baba au rhum.

Pour les boissons :

  • Xérès amontillado
  • Champagne Veuve Cliquot 1860.
  • Clos de Vougeot 1845 (41 ans d’âge).
  • Eau.
  • Café.
  • Vieux marc Fine Champagne.

Rien que le fait de regarder la préparation du repas nous fait saliver. Ainsi, voir la cuisson des plats, les sauces mijoter et les bulles venir éclater à la surface, écouter le bruit caractéristique qui accompagne l’élaboration du plat est un souvenir inoubliable. D’ailleurs, à chaque fois que j’apprécie un plat réussi dans un restaurant, je me rappelle instantanément ce film. A chaque fois que je le revois, se reproduit l’effet inverse : je me remémore les goûts d’un plat raffiné ou de bons plats que fabriquait ma maman lorsqu’elle organisait les repas du jour de l’an.

A cette occasion, toute la famille se réunissait et le menu était à la fois raffiné et pantagruélique. On commençait toujours par les fruits de mer, puis suivait un potage, ensuite du poisson, ensuite de la viande, pour finir avec des fromages et un magnifique gâteau. Oui, vous avez bien lu. Tout cela à la fois. Lorsque nous sortions de table, on avait l’impression d’avoir mangé pour une semaine. D’ailleurs, en ce qui me concerne, je ne retrouvais l’appétit que deux ou trois jours après.

Vous pouvez avoir un avant-goût de ce film en découvrant la bande-annonce en cliquant ci-dessous :

bande annonce le festin de babette – Recherche Google

Pour aller plus loin, le mieux est encore de regarder ce film.

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