Avant de faire une étude plus approfondie sur nos cinq sens et de profiter un maximum de leur bienfait, il me semble important de parler… du silence. Cela peut paraître paradoxal, mais, à partir du silence, nous pouvons être plus attentifs à ce que peuvent apporter les richesses de chacun de nos sens.

Certes, il existe plusieurs sortes de silence. Nous ne nous attarderons pas sur le silence où nous nous retrouvons face à nos démons ou nos fantômes. Ce silence là est effrayant. Il peut être provoqué lorsque l’on est placé dans un silence absolu. Vous avez sans doute entendu parler de personnes détenues dans des pièces capitonnées. En l’absence de moindre bruit, elles devenaient à plus ou moins longue échéance complètement folles. Mais ne nous attardons pas plus sur cet aspect.

Au contraire, nous allons plutôt nous appliquer à regarder en quoi le silence peut nous apporter de la sérénité, du bienfait. Je vous invite pour cela à faire des exercices pendant lesquels il sera nécessaire d’abandonner le smartphone afin de ne pas être perturbé par une sonnerie qui nous sortira de l’exercice, ou de ne pas être tenté par son utilisation en examinant le dernier message reçu. Pour y arriver, on peut commencer en éloignant l’appareil pendant une minute, puis deux, puis cinq minutes et arriver ensuite à quinze minutes, voire même une heure.

Une fois cet exercice réussi, peut-être à plus ou moins brève échéance, en fonction de notre addiction, on s’apercevra déjà avec joie qu’un sentiment de libération, une sorte de soulagement nous envahit. Maintenant, on peut s’essayer à pratiquer des exercices où le silence prendra une large part et nous amènera à découvrir l’importance des sens. Dans ce cas de figure, il existe à mon avis deux sortes de silence : le silence que l’on cherche à obtenir en soi, ou bien celui que l’on peut recevoir de l’extérieur.

Le silence que l’on cherche à obtenir en soi est caractéristique de la méthode employée par les bouddhistes. De manière générale, elle s’applique plus aux mentalités orientales, asiatiques. Il s’agit de faire le vide en soi, de ne plus penser à rien. Cette méthode connaît beaucoup de succès en Europe. De nombreux cours existent et on constate un nombre croissant d’adeptes qui recherchent la sérénité par ce biais. Cela se comprend parfaitement, puisque nous sommes confrontés dans un monde de plus en plus assourdissant. Il est difficile de trouver des espaces de silence dans nos villes, envahies par les bruits de la circulation automobile, des travaux urbains, par exemple. Certains n’hésitent pas à faire le voyage dans un pays d’Asie pour exercer cette activité et se ressourcer pleinement avec profit et acquisition d’un nouvel art de vivre.

Il existe aussi une façon d’acquérir le silence de manière extérieure. Il s’agit là d’une réception du silence. On accepte alors de recevoir le silence, se laisser pénétrer par lui, se laisser envahir par ce silence et entrer dans un sentiment de plénitude et d’écoute de soi. Il me semble que cette façon de procéder correspond davantage à nos mentalités occidentales, pénétrées davantage d’influence judéo-chrétienne. Aujourd’hui, je crois constater comme une sorte de reniement de cet héritage d’où une perte de reconnaissance de nos valeurs et une recherche de plus en plus désespérée dans différentes voies de traverse. Le lieu idéal pour retrouver ce silence intérieur peut se situer dans la nature.

J’ai vécu un jour une expérience extraordinaire que je souhaite vous partager. Je séjournais pendant une semaine à l’abbaye Saint-Martin du Canigou. Cette abbaye a pour particularité de se trouver en pleine montagne, dans les Pyrénées Orientales. On y a accès par une petite route, puis il faut laisser la voiture et continuer à pieds. Pendant ce séjour, j’avais accès aux parties privées situées à l’arrière de l’abbaye. Au bout de quelques pas, on se retrouve en pleine nature, dans la montagne. A un moment donné, deux ou trois marches naturelles nous conduisent à une sorte de petite plate-forme. Là, se trouve une chaise en fer déposée là. Immanquablement, on ne peut pas s’empêcher de s’y asseoir. Je me suis alors retrouvé dans une situation cocasse. Je me trouvais assis en pleine nature, dans la montagne, avec le vide tout autour de moi, complètement seul.

Au bout d’un certain temps, j’ai accueilli le silence de la nature et j’ai ressenti une immense sensation de bonheur et je me suis mis à pleurer en versant des larmes de bonheur. Tous mes sens se sont alors mis en éveil. J’ai pu profiter des chants des oiseaux, du bruissement du vent qui s’engouffrait dans la vallée et qui remuait les feuilles des arbres ; j’ai admiré le vol plané d’un aigle ou les couleurs de la nature, j’ai respiré à pleins poumons le parfum des fleurs qui m’entouraient, j’ai touché le rocher rugueux près duquel j’étais assis. Une jouissance extrême m’envahissait. J’étais dans un tel sentiment de bien-être qu’il me semblait avoir atteint… le nirvana. J’avais alors perdu toute notion de temps. Lorsque je suis revenu à moi, je ne m’étais pas aperçu que trois heures s’étaient écoulées. Cette expérience ne fut interrompue que par la tombée de la nuit qui me fit revenir à la réalité.

Je puis affirmer que ce fut là l’un des plus beaux jours de ma vie. De là est partie cette passion de recherche d’approfondissement des sens que je souhaite partager avec vous. Si vous avez apprécié cet article, réagissez dans les commentaires. Si vous n’êtes pas d’accord avec cela, vos arguments sont également les bienvenus. Dites également les sujets que vous souhaiteriez voir abordés.

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