Le 16 octobre 1978, lorsque le nouveau pape élu se présenta au balcon de la basilique Saint Pierre au Vatican, les gens furent frappés d’étonnement à plus d’un titre. Tout d’abord parce qu’il s’agissait du premier pape non italien depuis plusieurs siècles. Mais surtout, par les mots qu’il prononça d’une voix forte et impressionnante : “N’ayez pas peur !” Ces mots se voulaient d’emblée rassurants. Depuis toujours, nous sommes plus ou moins envahis par des sentiments de peur. Ils nous empêchent d’agir ou nous paralysent. Comment pouvons nous agir pour nous en débarrasser ?

  • Le processus de la peur. 

Voici une petite histoire illustrant en quoi la peur peut se révéler être un véritable handicap : Augustin est en train d’effectuer une randonnée dans la montagne. Il fait très beau, le soleil brille mais n’est pas trop chaud en altitude. Il admire le paysage qui l’entoure, profite à plein de la nature, s’arrête parfois pour méditer. Bref, il passe un moment agréable et profite parfaitement de ces instants de bonheur. Soudain, des nuages pointent au sommet des montagnes. Le ciel s’assombrit puis s’obscurcit. Un éclair jaillit bientôt et le temps vire à l’orage. Les premières gouttes commencent à tomber et il faut songer à trouver un refuge. C’est alors qu’Augustin aperçoit une grotte qui lui permettra de se mettre à l’abri. Mais voilà que le doute l’envahit. Des pensées viennent submerger son esprit : “Et si la grotte était occupée par un ours ?” Il se voit attaqué par l’animal sans aucune possibilité de secours. Il est seul dans cette montagne. La peur l’envahit et il n’ose pas aller s’abriter. Peu de temps après, il se retrouve trempé comme une soupe. La pluie l’a complètement inondé. Toutes ses affaires sont mouillées.

  • Une peur injustifiée.

Finalement, le soleil refait son apparition. Augustin en profite pour faire sécher son linge. Il se rend compte qu’aucune animation ne vient de la grotte. Prenant alors son courage à deux mains, il s’aventure prudemment dans la caverne et, avec beaucoup de ménagement, il finit par entrer. Là, il s’aperçoit qu’il n’y a personne. Il prend alors conscience que la peur d’un danger qu’il s’est lui-même fabriqué l’a mis dans une mauvaise posture et qu’il s’est mis inutilement en danger en restant dehors sous la pluie, alors qu’il aurait pu attendre tranquillement que l’orage passe en s’abritant dans la grotte. De plus, cette peur imaginaire a engendré un stress inutile.

  • La peur de l’inconnu.

Ce qui ressort de cette situation, c’est que l’inconnu nous inquiète et est source de peurs le plus souvent infondées. Il faut aller au delà de ses peurs pour se rendre compte que, le plus souvent, ces peurs ne sont pas fondées. Notre imagination nous plonge dans des situations plus ou moins rocambolesques et nous empêche de prendre toute initiative. A cause de son imagination galopante, notre randonneur Augustin s’est privé d’un confort à portée de main. Alors, que faire lorsqu’une peur nous empêche d’agir ?

  • Accueillir la peur.

Il convient tout d’abord d’accueillir cette peur. Cela nous permet d’évacuer le stress qui peut nous atteindre. Nous pouvons ainsi garder notre sang froid et analyser plus facilement la situation. Nous pourrons alors nous raisonner. Ainsi, pour éviter un éventuel danger, le mieux est de se rendre compte par soi même si danger il y a.

  • Réactions suscitées par la peur.

Dans la vie de tous les jours, la peur nous empêche d’appréhender le réel et fait dresser des barrières entre les gens. Un cas me vient à l’esprit qui vient illustrer, me semble-t-il, ces propos. Il y a peu de temps, devant l’afflux important de nouveaux immigrés, il fut décidé d’ouvrir un centre d’accueil dans le seizième arrondissement de Paris. Les riverains se lancèrent dans des pétitions pour empêcher ces installations, firent des manifestations et toute sortes de réunions. Les échanges étaient parfois virulents entre les pour et les contre, accompagnés d’injures. Les personnes qui étaient contre ce projet pensaient que leur sécurité allait être compromise et on s’imaginait toute sorte de maux divers. Le projet aboutit malgré tout et des familles étrangères finirent par s’installer. Au bout de quelque temps, le climat a changé. Il existe de nombreux échanges entre les populations, les gens ont appris à s’apprécier et à échanger. La peur de rencontrer de nouvelles populations dont on ne connaissait rien avait entraîné un rejet. Au fur et à mesure, les uns et les autres ont fini par s’apprivoiser et il s’est créé un enrichissement culturel en découvrant les spécificités de chacun.

  • Au delà de la peur.

Dans le milieu du travail, c’est la même chose. Lorsqu’une nouvelle personne vient prendre ses fonctions, une certaine méfiance vient s’installer dans un premier temps. Là aussi, une peur souvent injustifiée s’est instaurée. Il suffit alors de quelques jours de prise de connaissance pour apprendre à apprécier ce nouveau collègue. Des liens peuvent être établis pouvant aller jusqu’à l’amitié. Nous nous apercevons, là aussi, qu’en allant au delà de nos peurs suscitées par l’inconnu, un univers nouveau s’offre à nous, source de plein d’enrichissements et bénéfiques pour notre bien-être.

  • Les phobies.

Enfin, les  différentes phobies que nous pouvons avoir sont souvent liées justement à des appréhensions plus ou moins injustifiées. Je me souviens que, plus jeune, j’étais sujet au vertige. Dès que je prenais de la hauteur, une sensation désagréable m’envahissait. De plus, j’étais comme attiré par ce vide et cela me faisait très peur. Il n’était pas question pour moi de faire de l’escalade ou des activités de ce genre. Un jour, je fus invité à passer un séjour en montagne chez un ami qui connaissait ma peur du vide. Petit à petit, il m’apprit à monter sur des hauteurs de plus en plus élevées. Au bout de quelques mois, je réussis à escalader une paroi rocheuse de 250 mètres, sans aucune peur du vide. Cette peur avait complètement disparu. Au contraire, j’appréciais pleinement le paysage grandiose qui s’étendait autour de moi et j’avais complètement oublié mes craintes d’avant.

Je vous invite à partager quelles sont vos peurs, vos phobies. Sont-elles un gros handicap pour vous ? Désirez vous les vaincre ? Ou bien comment les avez-vous vaincues ? Exprimez votre point de vue et n’hésitez pas à visiter les autres pages de ce blog.

 

 

 

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