Retiré dans son coin, Alexandre, 8 ans, ronchonne et tourne en rond. Soudain, il attrape un jouet et le projette violemment contre le mur. Le jouet se brise en mille morceaux. Il se met alors à crier. Il réclame en hurlant le smartphone que sa mère lui a subtilisé pour le punir. N’y tenant plus, à bout de patience, elle consent enfin à rendre l’objet convoité. Aussitôt, l’enfant se calme et replonge dans ses jeux addictifs. Quelques années plus tard, parvenu à l’âge adulte, Alexandre s’énerve à la moindre contrariété et ne supporte aucune opposition. Il exige qu’on lui donne satisfaction et sans délai.

  • Frustration ou tyrannie.

Cette petite histoire nous montre dans quel état on peut se trouver lorsque l’on a été habitué à recevoir tout et tout de suite. Très visiblement, Alexandre manque de patience, une qualité qui lui serait pourtant bien utile dans sa vie de tout les jours. Petit à petit, on renonce à un concept d’éducation qui a fait fureur il y a quelques années, celui de l’enfant roi. Les rôles étaient inversés. On donnait satisfaction au moindre désir de l’enfant. On croyait avoir la paix ainsi. Souvent, c’était le cas, mais dès que l’enfant avait une idée en tête, les parents s’empressaient d’accéder aux désirs de l’enfant. Ainsi, au fur et à mesure que l’enfant grandissait, ses exigences étaient plus fortes et il s’instaurait une véritable tyrannie au sein de la famille. Au final, un climat de tension s’est créé et tout le monde est malheureux.

Je me souviens d’une phrase qui m’avait frappé qui pourrait illustrer cette situation : “Si vous ne faites pas pleurer vos enfants dans leur jeunesse, c’est eux qui vous feront pleurer plus tard”. Croyant avoir bien agi, les parents n’ont fait qu’installer un sentiment de mal être. Tout le monde est malheureux : les parents d’une part, car leurs enfants les font souffrir et les enfants d’autre part, quand ils trouvent la moindre opposition à leur désir, voire même à leurs caprices.

  • Bienfaits de la patience.

Il existe heureusement une solution à ce problème. Il s’agit d’apprendre ce qu’est la patience. Si elle ne donne pas des résultats satisfaisants dans l’immédiat, on comprendra plus tard tous les bénéfices qu’elle peut nous apporter. Revenons au début de notre histoire et inversons la situation. Retiré dans son coin, Alexandre, 3 ans, ronchonne et tourne en rond. Soudain, il attrape un jouet et le projette violemment contre le mur. Le jouet se brise en mille morceaux. Il se met alors à crier. Il réclame en hurlant le smartphone que sa mère lui a subtilisé pour le punir. Rien à faire. Sa mère ne cède pas. Pourtant la situation lui est pénible. Pour être tranquille, il serait facile pour elle de donner satisfaction à son enfant. Non, elle tient bon. Les minutes s’écoulent. Devant la détermination de sa mère, Alexandre comprend qu’il n’obtiendra pas satisfaction. Il finit enfin par se calmer.

  • Développement de l’imagination.

Dans un premier temps, Alexandre, certes, s’ennuie. Très rapidement, il trouve une feuille de papier, trouve des crayons de couleur et se met à élaborer des dessins. Son imagination l’incite à créer des mondes imaginaires, à reproduire des paysages, à dessiner des objets, des animaux, des plantes… Devant l’effet produit, il ressent une très grande joie et une grande fierté d’être l’auteur de tels chefs d’oeuvre. Fièrement, il les montre à sa mère. La bonne humeur est revenue, la crise est oubliée et la tension est retombée.

Nous voyons donc que le fait de ne pas donner satisfaction tout de suite peut créer de la frustration mais est tout à fait bénéfique : il nous fait apprendre la patience et surtout, permet de creuser le désir. A l’approche des fêtes de Noël, par exemple, les magasins apprêtent leur devanture en les décorant de belles parures, par des vitrines animées… Les enfants éblouis se prennent à rêver. L’attente leur paraît longue jusqu’au jour tant attendu. Le jour venu, ils découvrent émerveillés les cadeaux tant espérés. Quand j’étais enfant, je me souviens de ce temps d’attente qui semblait s’éterniser. Cette attente m’a fait apprécier d’autant plus le cadeau que si j’avais obtenu dans l’immédiat ce que je voulais.

Finalement, cette attente nous aide aussi à vivre l’instant présent, même si elle nous projette dans l’avenir. En effet, il y a le temps de l’attente et le temps des réjouissances. Je vous invite à partager la façon dont vous avez pu vivre ces moments ou comment vous les avez ressentis.

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