Voici un film très pessimiste. L’héroîne accumule malheur sur malheur. Le film raconte les déboires sentimentaux de Tess, la jeune héroïne du film. Tous les malheurs semblent s’accumuler sur sa tête. Sorti en 1979, on peut dire que ce film de Roman Polanski constitue un tournant dans sa carrière. Pour arriver à tourner ce film, il a fallu engager d’énormes moyens financiers dûs aux nombreux lieux de tournage et à sa longueur. Heureusement, le film  a remporté un très vif succès dès sa sortie et de nombreuses récompenses telles que le César du meilleur film, celui du meilleur réalisateur et celui de la meilleure photographie sont venus couronner une oeuvre prestigieuse.

Le film frappe par son côté obscur souligné par une lumière blafarde. L’interprète de Tess, Nastassja Kinsky, arrive à restituer la fatalité qu’elle subit. Elle fut d’ailleurs nommée pour le César de la meilleure interprétation féminine. L’histoire de Tess n’est pas sans nous rappeler le livre de Job dans la Bible, où l’on voit Job sombrer dans le malheur et qui semble accepter son sort. Là, Tess semble complètement résignée, elle semble complètement passive. Dès qu’elle veut agir pour se sortir d’une mauvaise situation, ce n’est que pour replonger dans des problèmes croissants.  L’amour qu’elle porte pour son amant ne vient que renforcer son malheur. Toute une série de quiproquos entraîne des malentendus et des incompréhensions. Lorsque l’on s’en aperçoit, il est malheureusement trop tard et les situations semblent inextricables.

On prend le temps de s’attarder sur les scènes. Cela entraîne des séquences longues mais non ennuyeuses. Les trois heures du film ne se font pas sentir. Nous pouvons ainsi entrer dans cette ambiance pesante et être saisi d’empathie. Nous voudrions venir au secours de Tess, mais rien ne vient apaiser ses souffrances. Il semble que les nuages se soient accumulés au-dessus de sa tête et que rien ne puisse la soulager.

Un roman de Thomas Hardy “Tess d’Urberville” est à l’origine de ce film. Il avait été découvert par Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, quelque mois avant qu’elle ne soit assassinée. Le réalisateur décida alors de mener à bien cette entreprise. Il fallut jongler entre les différents événements personnels de la vie du réalisateur, puisqu’il faisait l’objet de plainte pour viol sur mineur en Angleterre et qu’il était menacé d’extradition aux Etats-Unis. Le film a pu être tourné en grande partie en Normandie où il a fallu reconstituer tous les décors, l’action étant sensée se dérouler en Angleterre. Il fallait restituer le climat anglais, et il fallut même monter tout un décor pour réaliser le site préhistorique de Stonehenge, où se déroule l’épilogue du film.

D’un point de vue historique, ce film marque une étape dans l’histoire du cinéma. En effet, c’est la première fois qu’était utilisée la technique du Dolby Stéréo. En quelque sorte, il a un peu essuyé les plâtres en ce sens que la difficulté de cette nouvelle technique consistait à coordonner les bandes sons servant à la stéréo. Après quelques essais, on réussit à mettre au point une qualité sonore permettant de nous immerger dans l’action.

On peut dire aussi que ce film dénonce un certain pharisianisme de la part des personnes qui renoncent à porter secours à Tess. Ici, pas de pitié. On se drape sous la morale pour ne pas se compromettre et on invente des prétextes pour ne pas porter assistance. Notre héroïne en paiera chèrement le prix et aucune circonstance atténuante ne pourra la délivrer de la spirale infernale qui l’entraîne dans ses malheurs.

Ainsi, nous avons là un film poignant, dans lequel nous partageons les déboires de l’héroïne. S’identifier à un tel personnage est difficile et je n’ose imaginer comment nous aurions réagi à sa place, mais on peut toujours se poser la question.

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