Paul a eu chaud. Il a bien failli être découvert. Devant le danger auquel il vient d’échapper, le voilà pris d’un fou-rire. Il ne peut pas s’arrêter. Soudain, il réalise la situation dans laquelle il se trouve. Il s’arrête de rire brusquement et une angoisse sourde commence à l’étreindre. Il est enfermé dans l’armoire, le cadenas est posé dans la serrure. Il se demande comment faire pour sortir de là. Son cerveau est complètement paralysé ainsi que tous ses sens et il n’arrive pas à réfléchir pour trouver une solution. La peur est plus forte que tout. Non. Il faut prendre sur soi. Paul se force à respirer calmement et arrive à retrouver le calme. Il commence à secouer la porte, mais rien à faire. Il ne peut pas sortir.

Soudain, il entend des pas qui s’approchent. Dans la panique, il a complètement oublié la présence de Daniel à proximité. Cependant, il s’imagine rester un long moment retenu dans cette armoire., le temps pour Daniel de recomposer le code qu’ils n’ont pas pu trouver. Mais la porte s’ouvre brusquement. Par chance, le cadenas n’a pas été enclenché, mais tout simplement remis sur la serrure. Voici Paul délivré d’une situation périlleuse. Après avoir repris leurs esprits, Paul et Daniel décident de ne pas s’attarder. Le temps de cacher la boite de fusées pour les feux d’artifice et ils regagnent précipitamment la sortie.
Pendant toute la semaine suivante, ils imaginent leur prochaine aventure. Ils mettent Pascal dans la confidence pour l’inviter à participer à leur prochaine escapade. Pascal est aussi un ami de confiance. Ils ne seront pas trop de trois pour mettre en oeuvre leur projet. Il est nécessaire d’agir de nuit pour voir l’effet produit par les feux d’artifice. Enfin, le moment tant attendu est arrivé. Le samedi soir venu, alors que tout semble calme, les trois compères vont récupérer sans encombre leur trésor. Au milieu d’un bois voisin, ils ont repéré un étang isolé qui leur servira de champ d’action. Il est facile de sortir du pensionnat : le mur d’enceinte présente une ouverture providentielle envahie par les ronces, mais facilement franchissable.
Après trois quarts d’heure de marche dans la forêt, ils atteignent leur destination. La lune se reflète dans l’étang et forme un tableau romantique. Pascal avoue ses connaissances pyrotechniques qu’il tient de son père exerçant la profession de pompier. La chance est vraiment de leur côté. Pascal installe donc les fusées, tandis que Paul et Daniel s’éloignent de plusieurs mètres pour bénéficier du spectacle. Quelques instants plus tard, les fusées éclatent dans le ciel, fournissant une féérie de couleurs merveilleuses dans le ciel étoilé.
Les trois compères prennent conscience que, de la ville voisine, on peut apercevoir le spectacle et quelqu’un peut venir d’un instant à l’autre. Pascal propose alors une nouvelle idée. Il connaît un château abandonné, qui tombe en ruines, pas du tout entretenu. Puisque jamais personne ne vient dans ces lieux, ce serait l’endroit idéal pour bénéficier du spectacle et en profiter à plein. Tous les trois tombent d’accord. La semaine prochaine, ils connaissent leur emploi du temps. L’idéal serait d’y aller à vélo. Il faut compter à peu près 50 minutes.
Heureusement, il est possible d’emprunter des vélos dans le garage. Les trois amis demandent la permission de faire une balade l’après midi du samedi. Cela leur est accordé. Le samedi après-midi, ils en profitent pour sortir les vélos et les cacher dans une cabane abandonnée à proximité du pensionnat. Afin de se ménager pour la nuit qui vient, ils se reposent dans la cabane et rentrent discrètement. La nuit venue, les voilà partis rejoindre la cachette à vélos, munis de leur caisse de fusées.
Ils roulent d’un bon train. Ils peinent dans les montées, récupèrent dans les descentes. Ils mettent une heure pour atteindre leur objectif. Arrivés à destination, la masse sombre du château se profile au clair de lune. Il n’y a personne dans les environs. Une vieille pancarte “Défense d’entrer” essaie de leur interdire l’accès, mais ce n’est pas cela qui les arrête. Ils réussissent à pénétrer dans les lieux et parviennent même à entrer dans le château. Ils s’attendent à rencontrer un fantôme au détour d’un couloir. A travers la lumière de leur torche, les pièces prennent un aspect inquiétant. Ils s’encouragent mutuellement, prenant sur eux l’angoisse qui les étreint malgré tout.
Ils arrivent enfin aux étages. Pascal installe les fusées aux fenêtres et prépare le dispositif d’allumage. Il invite ses deux amis à rejoindre l’extérieur pour profiter à plein de ce moment. Daniel trouve dommage qu’une musique n’accompagne pas ce joli feu d’artifice, mais bon… Ce sera pour une autre fois. Daniel et Paul rejoignent donc l’esplanade qui s’étend devant le château et s’installent confortablement étendus sur l’herbe fraîche. Pendant dix minutes Pascal s’en donne à coeur joie et active les fusées. Pendant ce temps, Daniel et Paul poussent des cris d’admiration et s’exclament “Oh ! la belle bleue ! Oh La belle rouge ! Oh ! la belle jaune !” Ils pensent que, vraiment, la direction a prévu une très belle fête de la maison en organisant un tel feu d’artifice. Ils s’imaginent aussi la déception en voyant que toutes les fusées ont disparu.
Finalement, le spectacle prend fin et il faut songer à rentrer. Les yeux pleins de couleurs, ils ne sont pas pressés de regagner leur pensionnat, situé aux Herbiers. Ils sont loin d’imaginer que des années plus tard, l’endroit deviendra très fréquenté puisque c’est au château du Puy du Fou qu’ils viennent de réaliser leur exploit.
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